Le satellite Planck est à pied d'oeuvre pour traquer le rayonnement fossile, seule trace de la première lumière émise après le Big Bang, et riche d'enseignements sur l'histoire de l'univers.
L'instrument haute fréquence dont il est équipé a atteint une température proche du zéro absolu, qui lui permet d'être opérationnel.
- le 03/07/2009 - 22h29
Lancé le 14 mai en même temps que le télescope spatial Herschel, le satellite Planck a pour mission de cartographier les infimes fluctuations du rayonnement fossile - seule trace résiduelle, maintenant refroidie, de la première lumière échappée dans l'univers, quelque 380.000 ans après le Big Bang. Mais pour qu'il puisse accomplir sa mission, il fallait tout d'abord réaliser une prouesse technique inédite : l'instrument haute fréquence (HFI) qui équipe le satellite devait atteindre une température proche du zéro absolu. C'est désormais chose faite : à -273° C, il a désormais la température exigée, ce dont s'est félicité vendredi le Centre national d'études spatiales (CNES). Objectif : dresser une carte du rayonnement fossile
"C'est une première mondiale d'arriver à cette température dans l'espace, et grâce à cette prouesse technologique les astronomes espèrent lever le voile sur les premiers instants de l'Univers", souligne le CNES qui a financé le développement de l'instrument HFI et participé à sa réalisation en collaboration avec le CNRS.
Ce rayonnement fossile dont le satellite doit traquer les traces est source de précieux indices sur le passé et le destin de l'univers. Les variations de températures de ce rayonnement baignant tout l'univers trahissent en effet l'existence de premiers "grumeaux" de matière, germes des futures structures annonciatrices de tous les corps célestes que nous connaissons aujourd'hui.
L'instrument HFI est capable, prouesse sans précédent, de détecter des fluctuations de température de l'ordre du millionième de degré, grâce à ses capteurs refroidis à 0,1 degré au-dessus du zéro absolu. On est loin de ses grands ancêtres : un premier satellite, COBE, lancé en 1989, avait permis de dresser une première carte sommaire des fluctuations du rayonnement fossile. Ces mesures ont depuis été affinées par son successeur WMAP. Doté d'une sensibilité mille fois supérieure à COBE et capable d'identifier des rayonnements parasites risquant de brouiller "l'image", Planck devrait permettre désormais de "préciser les paramètres qui gouvernent le destin de l'univers", selon les astronomes français Jean-Michel Lamarre et François Bouchet, responsables de l'instrument HFI.
En 15 mois d'observation, Planck, positionné à 1,5 million de km de la Terre, devrait balayer deux fois l'intégralité de la voute céleste et dresser une carte précise de ce rayonnement diffus